Aujourd'hui je laisse la parole à Anita qui vit une situation qui touche 1 femme sur 4, l'avortement spontané plus connu sous le nom de fausse couche.

 

Le 10 avril devait être un jour de joie intense, la rencontre avec notre bébé tant désiré par mon compagnon et moi. Je suis enceinte de 3 mois, il s'agit donc de ma première échographie. Bien entendu, j'en avais subi une endo-vaginale lorsque mon test a viré positif mais, bébé n'était grand que de quelques mm. Cette première échographie était un moment tant attendu, la date entourée dans le calendrier depuis des semaines! Sauf que rien ne c'est déroulé comme prévu... C'est vrai que je n'ai eu aucun symptôme de femme enceinte, exception faite de l'arrêt de mes règles. En même temps, faut-il forcément avoir des nausées, un début de ventre rond pour être légitime comme parturiente? Je ne pense pas. Je ne sentais rien bouger mais sur internet, tout indiquait qu'il était trop tôt à moins d'avoir déjà eu des enfants avant et de savoir ce qu'il "faut" ressentir. Le gynécologue qui me prends en charge me prends d'abord la tension tout en écoutant mon récit de début de grossesse. Vient le moment, tant attendu, de l'échographie. Le foetus est bien là, dans mon ventre, je le vois sur l'écran positionné devant moi. Pourtant, le gynécologue semble contrarié... Il appuie fort sur mon ventre et semble chercher quelque chose. En nullipare que je suis, je ne comprends pas, mon compagnon non plus. La sentence fini par tomber... Je suis désolée de devoir vous annoncer une telle nouvelle mais... le coeur de votre bébé ne bat pas. Il semble ne plus battre depuis 3 semaines au vu de la taille du foetus. Blanc, un blanc immense qui m'a semblé durer des heures. Je sens les larmes qui montent et qui roulent le long de mes joues. Mon compagnon, qui me serre la main comme jamais, est devenu tout blanc et demande, des trémolos dans la voix, pourquoi. Pourquoi quoi? Pourquoi après plus de 18 mois d'essais infructueux l'enfant tant désiré s'est envolé? Pourquoi, en tant que maman, je n'ai pas senti que quelque chose n'allait pas avec mon enfant? Pourquoi, j'ai fais une fausse couche le lendemain de l'annonce à nos parents respectifs? Je me prépare à devoir avaler des pilules pour évacuer le petit corps mais j'apprends, avec stupeur, qu'il va falloir cureter parce que le foetus est trop grand que pour être éliminé par des comprimés. Je suis restée encore 3 jours avec mon bébé mort dans le ventre. Une situation que je ne souhaite à personne pas même à ma pire ennemie! Vivre, dormir, rêver (plutôt cauchemarder) avec ce petit être sans vie en soi est juste une souffrance inouïe et inutile à faire vivre à la maman. Alors pourquoi me demanderez-vous? Tout simplement parce que le gynécologue n'était pas mon gynécologue et que dans un soucis de suivi tant médical que psychologique et vu que je n'avais aucun symptôme de fausse couche (entendez pas de douleurs, pas d'hémorragie), le choix a été de post-poser le curetage. Je suis rentrée à l'hôpital vers 7h du matin, ressortie à 18h. Dans mon cas, le curetage a duré une bonne demi-heure sous anesthésie locale. En 30min, mon enfant a disparu et il ne figurera pas sur mon carnet de famille puisque décédé avant les 6 mois de grossesse. Pourtant, ça nous aurait aidé de pouvoir l'inscrire dans notre "arbre généalogique", nous avions déjà des prénoms et nous préparions la chambre... 20% des femmes vivent ce drame plus ou moins tôt dans leur grossesse. Pour elles, pour nous, pour moi, je souhaiterai avoir un lieu où je puisse penser à cette existence qui nous a quitté bien trop tôt. Puisqu'un bébé n'a pas d'existence légale avant ses 25semaines, on ne peut lui offrir un prénom ou une sépulture. D'ailleurs, il conserve le nom de foetus et ne peut être appelé bébé. Ce qui est très dur pour mon compagnon et moi-même. Le deuil s'effectue mais lentement... Je me reconstruis petit à petit, j'essaye d'être heureuse à chaque naissance et annonce de grossesse. Sincèrement, je lui suis mais ce n'est vraiment pas simple. Un jour, j'espère, ça sera mon tour.
C'était il y a 2 ans maintenant... Nous espérons toujours...